Frontière France-Royaume Uni

Frontière France-Royaume Uni

Une frontière maritime

Malgré le caractère maritime de la frontière, les territoires français et britanniques de part et d'autre de la Manche ont développé une coopération transfrontalière, favorisée par une histoire commune, marquée, entre autres, par deux guerres mondiales. Elle couvre ainsi des domaines variés tels que : le commerce, le tourisme, l'environnement, le développement économique, l'emploi, l'éducation, la formation…

L'espace maritime de la Manche et sa gestion (marine et littorale) font également l'objet d'une attention soutenue de la part des territoires frontaliers. Avec 20 millions de passagers qui la franchissent par bateau chaque année, la Manche est le passage maritime le plus fréquenté du monde. C'est également un terrain de coopération économique, un lieu d'échanges touristiques et culturels ainsi qu'une vaste réserve naturelle (structure géologique et paysages identiques de part et d’autre de la frontière). Entre le département du Finistère et le comté du Devon ce ne sont ainsi pas moins de 6000 camions par an qui empruntent la ligne Roscoff-Plymouth. De plus, 80% des passagers de la compagnie Brittany Ferries sont britanniques.

Les flux de travailleurs entre les territoires frontaliers, dus principalement à l'"effet Eurotunnel" sont néanmoins ténus et présents essentiellement dans le sens France - Grande-Bretagne. Le Royaume-Uni accueillait, selon le dernier recensement de la population, moins de 300 travailleurs en provenance du Nord-Pas-de-Calais. Dans le sens inverse, les flux de travail sont quasi inexistants, notamment en raison d’une faible attractivité des régions côtières. Cette faible densité des flux s'explique à la fois par des déterminants géographiques et économiques :

  • la Manche est un obstacle au développement de relations de proximité, malgré la circulation des ferries. En effet, les délais d'attente et les problèmes de rupture de charge dissuadent la majorité des frontaliers, et ce, d’autant plus dans un contexte post-Brexit. Quant à l'Eurostar, les prix pratiqués et le cadencement trop faible des trains restent dissuasifs pour desservir les villes frontalières, la connexion longue distance (Londres-Paris ou Bruxelles) étant favorisée.
  • L'absence de centre économique important sur ces territoires frontaliers empêche la formation de flux réguliers.

Malgré la faible perméabilité des relations de proximité transfrontalière, la coopération s'est développée par le biais de projets concrets visant à renforcer les liens de part et d'autre de la frontière. Des études auxquelles a participé la Mission Opérationnelle Transfrontalière ont été menées dans ce sens, à l'exemple de l'étude  "Pour une coopération transmanche de proximité plus intégrée entre le Kent et le Nord-Pas-de-Calais", publiée en 2004, qui visait à mettre en avant les enjeux de développement des territoires frontaliers.

Conséquence directe du Brexit, le transport des biens et des personnes entre la France et le Royaume-Uni est sévèrement impacté. Les nouvelles normes en matière d’exportations pénalisent les petits producteurs. Si l’industrie de la pêche et l’agroindustrie sont mises en danger cela pourrait impacter également le secteur tertiaire, par exemple les cabinets de consulting sur les énergies renouvelables, la restauration, le tourisme... Du fait de la crise engendrée par la Covid 19, les flux de passagers ont été encore plus impactés et des compagnies de transports, telles que Brittany ferries, ont été mises en péril.


Enfin, la création de cette nouvelle frontière externe de l'UE a entrainé une évolution dans la géographie des routes logistiques, avec l’émergence de nouveaux flux pouvant engendrer des impacts bénéfiques pour certaines régions. C’est notamment le cas de l’Irlande, qui assiste à une réorientation et à une hausse des trafics directs entre ses ports et le continent, avec des opérateurs privilégiant désormais des itinéraires plus longs et plus coûteux pour rester dans l’UE. L’Irlande est devenue un partenaire très stratégique pour la Bretagne au sein de l’« Arc celtique » et elle pourrait l’être, à l’avenir, pour l’ensemble des régions françaises bordant la Manche.


La réserve d'ajustement au Brexit

Afin de faire face aux conséquences économiques et sociales du Brexit, la Commission européenne a voté la mise en place de la réserve d'ajustement au Brexit afin d’aider les secteurs et les Etats Membres affectées. Cette aide mise à disposition à la fin de la période de transition le 31 décembre 2020 représente un budget total de 5 milliards d’euros. Ce fond d’urgence aide les entreprises et les employés des secteurs affectés par le Brexit mais aussi les régions et les communautés locales. Le fond d’urgence va être utilisé pour :
-    Soutenir les secteurs économiques, les entreprises et les communautés locales y compris celles qui dépendent de la pêche en eaux anglaises
-    Soutenir les employés à travers la mise en place de formations, de remises à niveau
-    Assurer le bon fonctionnement des frontières, des douanes, des contrôles de sécurités sanitaires et phytosanitaires …
La majorité des cinq millions d’euros qui constituent le fond d’urgence sera distribuée sous la forme de préfinancements calculés sur la base de l'impact attendu de la fin de la période de transition sur l'économie de chaque État membre. Le reste sera gardé de côté afin d’être versé en 2024 dans le cas où les dépenses réelles dépassent l’allocation initiale justifiant la nécessité d'une solidarité supplémentaire de la part de l'UE. Les états membres qui demanderont à avoir accès à cette deuxième aide devront prouver la relation directe de leurs soucis financiers avec le Brexit. (https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/en/IP_20_2536)