Coopérations franco-britanniques : la MOT réunit une “Task Force” – la Déclaration de Wimille

Le 8 juin, la MOT a réuni une Task Force consacrée aux coopérations franco-britanniques. Cette rencontre a permis d’échanger avec ses adhérents sur les dynamiques actuelles de coopération et sur les perspectives souhaitées pour cette frontière maritime singulière. 
Copyright : iStock / Erik V.

Un premier état des lieux a permis de placer les discussions dans leur contexte politique et institutionnel, notamment à la lumière des résultats des élections locales au Royaume-Uni, en particulier dans les comtés bordant la Manche. Les enjeux migratoires, régulièrement au cœur des relations bilatérales, ont également été abordés.

Un retour sur les programmes de coopération menés avant le Brexit a permis de faire le lien avec la Déclaration de Wimille qui exprime la volonté de ces territoires d’encourager la reprise de la participation du Royaume-Uni aux programmes Interreg (voir encadré ci-dessous). Les initiatives portées par le GéoParc TransManche ont également été mises en avant.

Les participants ont ensuite partagé leurs expériences récentes, notamment dans le cadre de projets Horizon Europe, ainsi que leurs priorités en matière de jeunesse et d’adaptation aux risques climatiques, identifiées comme des domaines de coopération potentiels avec le Royaume-Uni.

Les échanges ont souligné l’importance de renforcer les liens avec les acteurs britanniques afin d’identifier des partenaires intéressés et en capacité de s’engager dans de futurs projets. Malgré les contraintes propres à cette frontière maritime et les effets persistants du Brexit, les adhérents de la MOT ont réaffirmé leur volonté de poursuivre et de développer les coopérations franco-britanniques.

La Déclaration de Wimille

Le 3 mars 2026, le Comité du Détroit a officiellement transmis à la Commission européenne la Déclaration de Wimille, un texte plaidant pour le renforcement de la coopération territoriale entre le Royaume-Uni et l’Union Européenne, notamment à travers les programmes Interreg.

Le Comité du Détroit a été créé en 2020, dans le contexte du retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne, et réunit le Comté du Kent (UK), les Départements du Nord et du Pas-de-Calais (France), les Provinces de Flandre orientale et de Flandre occidentale (Belgique) ainsi que les Provinces de Hollande-Méridionale et de Zélande (Pays-Bas). Cette coopération appui des petits projets à cette frontière, mais ne remplace pas l’aide qui était auparavant fournie par des programmes européens tels qu’Interreg.

A la suite de son retrait de l’Union Européenne, le Royaume-Uni a e décidé de ne participer qu’à un seul programme européen de coopération territoriale (PEACE PLUS, mis en œuvre à la frontière avec l’Irlande) pour la période 2021-2027. Pourtant, les régions du nord-ouest de l’Europe, historiquement interconnectées, ont besoin d’un cadre de coopération renforcé afin de préserver leurs liens et intérêts économiques, culturels, sécuritaires.

La Déclaration de Wimille exprime la volonté commune de ces territoires d’encourager la reprise de la participation du Royaume-Uni aux programmes Interreg pour la période 2028-2034. Elle appelle notamment au rétablissement du programme Interreg 2 Mers, en soulignant l’importance d’avoir un programme dédié pour consolider la cohésion européenne et pérenniser une coopération transfrontalière essentielle entre le Royaume-Uni et ses territoires de l’Union européenne frontaliers.

Cette déclaration, ainsi que d’autres initiatives de coopération à cette frontière, a été au cœur des discussions lors de la réunion de la Task Force.