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Le développement économique transfrontalier désigne l’ensemble des dynamiques de coopération visant à articuler, structurer et valoriser les complémentarités entre deux territoires séparés par une frontière d’État. Il s’agit de faire émerger des espaces économiques transfrontaliers fonctionnels, intégrés et capables de répondre aux défis conjoints de cohésion ainsi qu’aux transitions économique, écologique et sociale.

Pierre angulaire de l’intégration économique européenne, le marché unique voit aujourd’hui son potentiel freiné par des fragmentations persistantes. Dans son rapport « Much More Than a Market » (avril 2024), Enrico Letta appelle à approfondir le marché intérieur afin de réduire les fragmentations qui freinent la croissance européenne. Il cite notamment la Grande Région comme exemple d’organisation institutionnelle transfrontalière, illustrant le rôle que peuvent jouer les territoires transfrontaliers dans le renforcement de l’intégration européenne.

Opportunités, contraintes et déséquilibres

La frontière est simultanément une contrainte et une ressource : les différentiels entre systèmes peuvent produire des obstacles et des tensions, mais aussi constituer le moteur même de certaines dynamiques économiques transfrontalières.

Un espace économique au-delà des frontières administratives

Les territoires transfrontaliers couvrent près de 40 % du territoire de l’Union européenne, représentent environ 30 % de son PIB et accueillent d’importants flux quotidiens, notamment de travailleurs ou de consommateurs. Ces territoires constituent des espaces fonctionnels transfrontaliers à part entière : les bassins d’emploi, les aires de consommation, les réseaux d’entreprises et les chaînes de valeur se structurent déjà dans les pratiques quotidiennes des habitants, des travailleurs et des entreprises, à une échelle qui ignore la frontière. L’analyse de ces dynamiques et l’action publique doivent donc s’appuyer sur ces territoires fonctionnels, articulant différentes échelles : celle des bassins de vie et d’emploi transfrontaliers, espaces du quotidien des ménages, et celle des régions transfrontalières, plus appropriée pour les entreprises.

Cette réalité se heurte toutefois au maintien de cadres d’action largement organisés à l’échelle nationale, rendant les espaces fonctionnels fragmentés institutionnellement. Tandis que les entreprises et les territoires interagissent au-delà du territoire national, les politiques de développement économique demeurent souvent pensées de manière séparée de part et d’autre des frontières. Or, en participant à l’Union européenne et au marché unique, les Etats ont choisi de coopérer et les territoires transfrontaliers peuvent alors constituer des laboratoires de l’intégration européenne. La construction d’un espace économique partagé suppose ainsi de dépasser une lecture strictement administrative des territoires pour mieux valoriser les complémentarités existantes et favoriser des coopérations associant entreprises, collectivités, universités et autres acteurs économiques des deux côtés de la frontière.

La coopétition : entre concurrence et coopération

Dans les zones transfrontalières, les différentiels économiques, fiscaux et réglementaires entre les deux versants constituent autant de facteurs de concurrence que d’opportunités : ménages et entreprises en tirent profit, en faisant jouer ces différentiels dans leurs choix d’implantation et de recours aux marchés, notamment celui du travail. Les relations entre territoires, qu’ils soient au sein d’un même Etat ou frontaliers, relèvent donc toujours de la « coopétition », plus ou moins régulée à l’échelle nationale et à l’échelle de l’UE. La concurrence existe, inhérente au marché unique, mais de nouvelles synergies et un équilibre peuvent être trouvés par la coopération, au bénéfice de l’intégration économique de l’ensemble du territoire transfrontalier.

Deux logiques d’action

Cette dynamique de coopération repose sur deux logiques fondamentales :

La logique de complémentarité : lorsque plusieurs États aux systèmes différents se rencontrent à une frontière, les entreprises peuvent tirer parti des différences systémiques de part et d’autre de la frontière et ainsi exploiter leur complémentarité en sélectionnant les éléments les plus avantageux de chaque cadre national.

La logique d’économie d’échelle et d’agglomération permet de renforcer la taille critique des marchés, de mutualiser les équipements lourds (recherche, formation, infrastructures) et de structurer des filières industrielles transfrontalières.​

Les obstacles à l’intégration économique transfrontalière

Cependant, cette coopération ne va pas de soi et demeure entravée par des obstacles, notamment structurels. Traverser la frontière représente en effet un facteur de difficultés : celle-ci constitue, par l’hétérogénéité des systèmes nationaux, une barrière administrative, juridique, culturelle et souvent linguistique.

Un exemple d’obstacle est celui du transport routier transfrontalier : la France limite actuellement à 40 tonnes le poids total autorisé pour certains convois, tandis que la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne autorisent des véhicules jusqu’à 44 tonnes. Cette différence réglementaire nationale, alors même que les chaînes logistiques et les bassins économiques fonctionnent à l’échelle transfrontalière, peut ainsi créer une friction concrète pour les entreprises et le transport de marchandises.

Le déficit de stratégie commune constitue également un frein important, les politiques économiques demeurent largement conçues et mises en œuvre dans des cadres administratifs et institutionnels nationaux ou régionaux, qui ne correspondent pas aux espaces économiques fonctionnels transfrontaliers. Dans ce contexte, le développement d’une coopération transfrontalière économique suppose un investissement préalable afin de bien connaître le voisin et son mode de fonctionnement, avant de travailler avec lui, chez lui ou encore pour lui.

Co-développement transfrontalier

Traditionnellement, le développement économique territorial est abordé sous l’angle de l’économie productive, c’est-à-dire centrée sur les lieux de production. Cependant, des économistes comme Laurent Davezies et Magali Talandier ont mis en évidence l’existence d’une économie présentielle, reposant sur la population présente sur un territoire et fluctuant au cours de la journée (résidents, touristes, travailleurs pendulaires…) et sur leurs consommations locales de services publics ou privés. Chaque territoire se caractérise ainsi par un équilibre spécifique entre ces deux types d’économies. En savoir plus

Dans les zones transfrontalières, apparaissent des externalités transfrontalières : un investissement, une infrastructure, une entreprise ou un équipement situé d’un côté de la frontière peut produire des effets économiques, fiscaux, sociaux ou environnementaux de l’autre côté. La frontière agit parfois comme une séparation entre le versant productif et le versant résidentiel. C’est notamment le cas aux frontières françaises avec le Luxembourg, Monaco ou la Suisse. Cela nécessite une approche coordonnée du développement économique

Le co-développement transfrontalier implique alors de corriger les déséquilibres engendrés par cette polarisation, en promouvant une collaboration renforcée entre États pour une répartition plus juste des ressources (recettes fiscales, infrastructures, services publics). et la fiche sur les Solidarités transfrontalières réalisée par la MOT.

Il s’agit ainsi de ne pas laisser le seul marché organiser les flux (tels que ceux des travailleurs frontaliers), mais de passer d’une simple coopération entre acteurs à un co-développement, action publique coordonnée permettant la répartition des coûts et des bénéfices
Ainsi, le co-développement ne doit pas être présenté uniquement comme une correction des déséquilibres et ne pas se limiter à la question de la redistribution fiscale. Il doit aussi être présenté comme une stratégie visant à organiser les complémentarités (emploi, logement, mobilités, services publics, infrastructures, foncier et implantation des activités) et à construire une trajectoire commune de développement.

Dans cette même perspective, le Manifeste pour un développement économique équilibré des territoires transfrontaliers, publié par la MOT en 2026, offre des pistes concrètes pour favoriser un développement plus équilibré, complémentaire et durable de ces territoires.

Un levier essentiel : le soutien aux entreprises

La loi NOTRe a conféré aux régions la compétence en matière de développement économique, rendant obligatoire la rédaction d’un schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). Ce document de planification économique et stratégique doit définir des orientations en matière d’aides aux entreprises, de soutien à l’internationalisation et d’aide à l’innovation des entreprises. Les régions ont la possibilité d’y intégrer un volet transfrontalier (voir les SRDEII des régions Hauts de France, Grand Est ou Bourgogne Franche Comté).

De manière générale, les autorités publiques de part et d’autre de la frontière sont conjointement responsables de doter le territoire fonctionnel d’un cadre et d’outils d’accompagnement adaptés, capables de lisser les obstacles qui s’opposent au développement économique transfrontalier. Ce soutien peut se traduire de différentes façons :

  • Informer les entreprises et faciliter leurs démarches

Les acteurs publics doivent se coordonner en transfrontalier pour faciliter les démarches des entreprises en diffusant l’information (systèmes juridico-administratifs, législations fiscales et foncières, accès aux marchés publics, etc.). Ils jouent également un rôle d’intermédiaire et de facilitateur de contact et d’échanges entre acteurs publics et privés des différents versants de la frontière.

Le service Jurisinfo franco-allemand, service d’information juridique transfrontalière pour les entreprises françaises et allemandes et rattaché au service juridique de la CCI Alsace Eurométropole de Strasbourg, en est un exemple, tout comme le réseau Enterprise Europe Network, qui aide les petites entreprises à tirer le meilleur parti du marché européen. La pépinière d’entreprises Eurodev Center, à la frontière franco-allemande, illustre également bien cet accompagnement de proximité offert aux entreprises souhaitant s’implanter ou se développer de l’autre côté de la frontière.

  • Aider les entreprises à trouver le personnel compétent

Les entreprises peinent souvent à trouver une main-d’œuvre disposant des compétences recherchées, qu’il s’agisse de qualifications spécifiques ou de compétences linguistiques et interculturelles. Répondre à cet enjeu suppose de construire un véritable bassin d’emploi transfrontalier à l’échelle du territoire fonctionnel, en facilitant la mise en relation entre employeurs et demandeurs d’emploi, en allégeant les démarches administratives et en développant des formations, stages et apprentissages transfrontaliers (à l’image du projet Regio Lab 2). Voir le thème « Emploi »

  • Développer une stratégie foncière et résidentielle

Dans de nombreux territoires transfrontaliers, l’attractivité économique d’un versant produit des effets directs sur le marché du logement, le foncier et l’aménagement de l’autre versant.

L’arrivée d’entreprises ou la création d’emplois d’un côté de la frontière peut ainsi accroître la demande de logements, modifier les prix immobiliers et renforcer les besoins en infrastructures et en services publics de l’autre côté. Inversement, la disponibilité de foncier économique, de logements et de services peut conditionner la capacité du territoire à accueillir de nouvelles activités et les travailleurs dont elles ont besoin.

Les enjeux de logement des travailleurs et d’accès au foncier économique constituent donc des conditions du développement économique transfrontalier. Ils doivent alors être intégrés aux stratégies économiques et d’aménagement à l’échelle du territoire fonctionnel transfrontalier plutôt que gérés séparément de part et d’autre de la frontière.

Cette réflexion est aujourd’hui à l’œuvre dans l’agglomération du Grand Genève, où ces enjeux sont présents avec une acuité particulière. Son Plan d’actions concerté pour la transition écologique (PACTE) propose une fiche-action (3.1) visant à « Élaborer et mettre en œuvre un plan d’action foncier transfrontalier », illustrant ainsi la nécessité des collectivités françaises et suisses de coordonner davantage leurs politiques foncières et résidentielles à l’échelle du bassin de vie transfrontalier.

  • Financer le développement transfrontalier des entreprises

La prise en compte effective du territoire transfrontalier par le système bancaire, en théorie armé pour ce faire puisque ses acteurs sont de plus en plus multinationaux, est un enjeu important. Le marché peut s’avérer cependant déficient, justifiant un financement public (par exemple fonds de capital-risque, financé par des fonds européens).

  • Coordonner la coopération entre acteurs publics

La dissymétrie des cadres juridico-administratifs, fiscaux et fonciers, ainsi que les difficultés d’accès aux marchés publics, appellent une coordination renforcée entre autorités publiques des deux versants pour lever ces frictions au quotidien. Cela peut passer par une meilleure ouverture des marchés publics aux acteurs transfrontaliers, grâce à une information accessible via des plateformes multilingues, par exemple et à des procédures favorisant une participation effective des deux côtés de la frontière.

Aspects spécifiques du développement économique transfrontalier

  • Innovation, recherche et compétitivité

Sur la base du rapport Draghi, « The future of European competitiveness », la Commission européenne a présenté en janvier 2025 la Boussole de la compétitivité, une feuille de route articulée visant à restaurer le dynamisme de l’Europe et à stimuler la croissance économique, notamment en comblant le fossé de l’innovation.

La coopération transfrontalière peut contribuer à cet objectif en rapprochant des écosystèmes d’innovation qui disposent de compétences, d’infrastructures et de spécialisations complémentaires. L’OCDE a étudié cette dimension dans son étude Regions and Innovation: Collaborating across Borders, consacrée aux conditions et aux modalités de collaboration en matière d’innovation dans plusieurs territoires transfrontaliers européens.

Plusieurs instruments permettent de réaliser cette ambition à l’échelle des territoires, avec un intérêt direct pour la coopération transfrontalière :
– Les Investissements interrégionaux innovants (I3) soutiennent des projets d’innovation interrégionaux en matière de stratégies de spécialisation intelligente (S3). Ces S3 encouragent les territoires à développer leurs avantages concurrentiels liés aux atouts du territoire.
– Les Vallées régionales de l’innovation (RIVs), qui connectent en réseau 151 régions européennes aux performances d’innovation plus faibles autour de leurs spécialisations respectives.

Ces dispositifs offrent ainsi un cadre propice au rapprochement des écosystèmes d’innovation de part et d’autre des frontières, écosystèmes reposant sur une logique de “quadruple hélice”, associant secteur privé, secteur public, recherche et société civile, voire de “quintuple hélice” lorsque l’environnement naturel est intégré comme moteur de l’innovation transfrontalière.

Dans la lignée de cette direction européenne, de nombreux projets transfrontaliers visent à stimuler l’innovation des entreprises. C’est par exemple le cas du projet Crossroads (Interreg France-Wallonie-Vlaanderen) qui met en relation et subventionne des PME innovantes ou du projet franco-italien IAIA qui vise à renforcer la compétitivité et l’innovations des startups à travers l’usage de l’IA.

Dans son rapport, Mario Draghi souligne aussi l’intérêt de la mise en place d’un statut d’entreprise européenne innovante (EEI) qui permettrait de bénéficier d’une législation harmonisée dans tous les Etats membres facilitant ainsi grandement l’internationalisation des entreprises. Voir le thème « Recherche et Innovation »

  • Emploi, compétences et mobilité

Le domaine de l’emploi fait face à de nombreux enjeux liés à la formation continue et professionnelle, l’équivalence des diplômes et la reconnaissance des expériences et qualifications (rapport du 14 juillet 2021 de la Commission européenne) ainsi qu’à la maîtrise de la langue du pays voisins.
Des partenariats se sont peu à peu structurés aux frontières françaises pour œuvrer à un marché de l’emploi transfrontalier intégré. Le réseau européen EURES, par exemple, vise à informer et conseiller les travailleurs sur les offres d’emploi et les conditions de vie et de travail en Europe. Des instances plus locales d’information et de conseil existent également tels que les INFOBEST dans le Rhin Supérieur. Des projets sont aussi développés : le projet Empleo, à la frontière franco-espagnole a créé un portail d’information pour travailleurs et entreprises, complété par des sessions de formation régulière. Voir le thème « Emploi »

  • Aménagement et attractivité

Le développement économique s’inscrit dans des espaces organisés : il est donc important d’ancrer cette dynamique dans une planification territoriale à long terme. Or seuls une vision concertée bi ou tri-nationale et un véritable projet de territoire permettent d’organiser les espaces transfrontaliers. Les démarches d’aménagement doivent donc également favoriser l’objectif du développement économique.
L’attractivité des territoires transfrontaliers dépendra notamment de la qualité de l’offre en matière de grands équipements structurants (grands équipements universitaires, hospitaliers, infrastructures, offre haut débit, etc.), de services publics et de services aux entreprises.

Cette attractivité repose également sur la capacité des territoires à la faire connaître et valoir : export, tourisme et commerce sont autant d’aspects de promotion économique du territoire pour lesquels la coopération transfrontalière est essentielle afin de promouvoir une image commune du potentiel économique transfrontalier, de développer un marketing territorial commun et de valoriser les atouts économiques du territoire auprès des entreprises, investisseurs et talents. La promotion économique transfrontalière doit cependant être portée à l’échelle de l’espace fonctionnel : plutôt que de juxtaposer deux stratégies d’attractivité concurrentes, l’enjeu peut être de promouvoir l’offre du territoire transfrontalier comme un ensemble, notamment pour attirer des investissements qui bénéficient à l’ensemble du bassin économique.

Voir le thème « Aménagement et urbanisme »

Facteurs de réussite

Mieux connaître le territoire transfrontalier

La construction d’une stratégie transfrontalière durable repose avant tout sur une connaissance partagée du territoire. La connaissance partagée ne concerne pas seulement les données statistiques, mais également la connaissance des acteurs, des compétences institutionnelles, des dispositifs d’aide, des réglementations, de la fiscalité, des marchés et des stratégies territoriales de part et d’autre de la frontière. L’élaboration de diagnostics communs, fondés sur des données économiques harmonisées constitue un préalable pour identifier les potentiels de coopération et orienter les politiques publiques. Cela nécessite de rassembler des données économiques harmonisées et comparables au niveau transfrontalier, enjeu complexe du fait de la structuration nationale des systèmes statistiques. Mais l’objectif n’est pas nécessairement de disposer de statistiques parfaitement harmonisées, mais de construire des indicateurs suffisamment comparables pour permettre un diagnostic partagé et une décision publique coordonnée.
La méconnaissance du fonctionnement des dispositifs et des acteurs de l’autre côté de la frontière constitue également un frein majeur à la coopération. Pour y remédier, il est nécessaire de renforcer l’interconnaissance des acteurs, des dispositifs d’accompagnement et des compétences disponibles de part et d’autre de la frontière.

Plusieurs initiatives visent à pallier ce manque de connaissances : le projet Empleo, à la frontière franco-espagnole, a réalisé un diagnostic partagé du marché de l’emploi transfrontalier, le projet CIIRCLE développe une cartographie des acteurs des filières d’innovation afin de favoriser les coopérations, tandis que TITAN-E, dans le Rhin supérieur, recense les liens entre entreprises et organismes de recherche pour renforcer l’écosystème régional d’innovation. Enfin, le programme Erasmus pour jeunes entrepreneurs offre aux jeunes et aux futurs entrepreneurs la possibilité de se former directement auprès d’entrepreneurs expérimentés dirigeant de petites entreprises dans d’autres pays de l’Union européenne.

Structurer la gouvernance et la coopération entre acteurs

La réussite d’une stratégie de développement économique transfrontalier suppose de structurer durablement la coopération entre les acteurs des deux versants de la frontière, afin de construire une vision partagée et de coordonner les actions à l’échelle du territoire fonctionnel. Cette coopération peut s’appuyer sur des dispositifs de gouvernance adaptés, tels que les groupements européens de coopération territoriale (GECT) (ex : GECT North Sea Port, GECT Euregio Meuse Rhin), les groupements européens d’intérêt économique (GEIE) (ex : GEIE Destination Ardennes), mais aussi sur des réseaux d’entreprises et des clusters transfrontaliers. Des initiatives comme le

Le choix de l’outil dépend de la nature du projet et du niveau de coopération recherché et l’enjeu n’est pas nécessairement de créer une gouvernance transfrontalière pour chaque politique, mais de disposer d’une capacité de coordination à l’échelle pertinente du problème posé.

Mobiliser les cadres et financements existants

Le développement économique transfrontalier peut s’appuyer sur un ensemble de cadres et d’instruments de financement complémentaires. Les programmes de coopération territoriale européenne (Interreg) sont particulièrement adaptés pour initier des dynamiques de coopération en finançant via des fonds FEDER des actions de mise en réseau, de gouvernance, de connaissance partagée du territoire ou encore des services communs aux entreprises. Des investissements sont aussi mis en œuvre à l’échelle régionale ou nationale, il est donc intéressant de mobiliser des programmes FESI régionaux pour mettre en œuvre des opérations de développement transfrontalier.

Au-delà des financements, de nouveaux cadres européens pourraient également faciliter le développement économique transfrontalier. Le Parlement européen a ainsi approuvé, en janvier 2026, la création d’un « 28e régime » optionnel pour les entreprises. Ce nouveau cadre harmonisé vise à réduire les obstacles juridiques et administratifs au sein du marché unique en permettant notamment aux entreprises d’adopter une forme juridique commune et reconnue dans l’ensemble de l’Union européenne, ce qui constituerai une évolution pour renforcer l’intégration des espaces économiques transfrontaliers.

Bonnes pratiques

  • Business Twins : jumelage d’entreprises dans le Rhin Supérieur
  • CCIs ALPMED : regroupement des chambres de commerce des régions italiennes et françaises afin d’offrir aux entreprises de nouvelles opportunités de développement et de promouvoir une réalité économique qui dépasse les frontières.
  • Kaleidoscoop : lieu de vie et de travail transfrontalier qui œuvre à une transition économique, écologique et sociale
  • MEDIACONNECT : propose des dossiers thématiques « Economie transfrontalière » et « Entreprendre chez les voisins », rassemblant vidéos et témoignages autour de l’entrepreneuriat, des coopérations économiques et des opportunités de part et d’autre de la frontière franco-belge.
  • OTESS : projet d’observatoire transfrontalier de l’économie sociale et solidaire, visant à disposer d’informations homogènes sur les entreprises, l’emploi, les secteurs et l’entrepreneuriat dans l’ESS

Référents thème Transition économique à la MOT

Bruno Caire
Vice-président de la MOT, Premier Conseiller communautaire délégué en charge des coopérations transfrontalières, à l’Arc horloger et aux relations européennes, Grand Besançon Métropole
Baptiste Routier
Chargé de mission Études transfrontalières et Projets européens