Réunion européenne des observatoires transfrontaliers : la MOT présente DATAPASS à Séville

Les 22 et 23 septembre 2026, le Centre commun de recherche (JRC) et la DG REGIO de la Commission européenne ont réuni à Séville les acteurs des observatoires régionaux transfrontaliers européens. Plus de 30 observatoires ont été identifiés en 2026 (23 en 2025), confirmant l’importance du partage des données et des méthodes pour mieux comprendre les territoires frontaliers et éclairer les politiques publiques. La rencontre a mis en avant plusieurs priorités : l’observation des travailleurs frontaliers et des mobilités, l’interopérabilité des données et la connaissance des activités économiques locales, ainsi que le renforcement des liens entre observatoires et programmes Interreg.

DATAPASS : un modèle d’observation territoriale pyrénéenne

Lors de cette rencontre, la MOT a présenté le projet DATAPASS, dont elle est partenaire. Initié en 2019 par l’Agence d’urbanisme Atlantique & Pyrénées (AUDAP), ce projet est financé par le programme Interreg POCTEFA sur la période 2026-2029. Il rassemble des partenaires institutionnels et universitaires français et espagnols.

DATAPASS compare les dynamiques de part et d’autre de la frontière pyrénéenne. Quatre thématiques ont été étudiées : démographie (2019), implantations commerciales et logement (2023), et paysage (2026). Les partenaires croisent leurs données pour analyser les différences, les similitudes et les continuités territoriales.

Les résultats sont diffusés sous forme de synthèses et de cartographies interactives. Une plateforme web de visualisation est également en développement.

Des observatoires au service des politiques publiques transfrontalières

Le JRC et la DG REGIO ont rappelé le rôle des observatoires dans l’élaboration et le suivi des programmes Interreg, notamment pour identifier les besoins des territoires et les lacunes d’information.

Les travaux de la DG REGIO illustrent l’ampleur des défis statistiques. L’étude européenne « Cross-Border Data Collection » (2024-2026) qu’elle a commanditée, et qui vient d’être publiée, a recueilli des données auprès de 28 pays, dont 22 ont transmis des informations. Les comparaisons restent difficiles en raison de différences de définitions, d’échelles géographiques et de disponibilité des données. L’étude estime à environ 1,3 million le nombre de travailleurs frontaliers concernés dans les principaux pays européens étudiés.

L’enjeu est de faciliter le rapprochement et la réutilisation des données grâce à des méthodes et des référentiels communs, sans nécessairement imposer une harmonisation intégrale.

Le Data Hub européen doit notamment rendre les données des observatoires plus visibles et réutilisables, sans centraliser l’ensemble des données locales et régionales.

L’observation doit également couvrir des domaines concrets du quotidien transfrontalier, comme le logement, la santé, les services publics, le commerce, l’environnement et la mobilité.

Vers une feuille de route commune

Les expériences présentées à Séville, notamment le SIG-GR, GeoRhena, GOT et GEODATAPYR/OPCC, témoignent de la diversité des démarches d’observation engagées aux frontières européennes. Dans les Pyrénées, les travaux de l’OPCC et de GEODATAPYR, auxquels la MOT contribue sur le plan méthodologique, illustrent l’intérêt de rapprocher les données environnementales et socio-économiques.

Le réseau poursuivra ses travaux au sein du groupe « Cross-Border Observatories » de Futurium, autour de trois priorités : enrichir les données sur les travailleurs frontaliers, expérimenter un géolocalisateur des activités économiques locales et approfondir les travaux sur l’interopérabilité.