Retour sur l’Assemblée générale de la MOT : l’aménagement du territoire au cœur des échanges
Visites de terrain
Accueillis par l’Eurodistrict Trinational de Bâle et la Collectivité européenne d’Alsace, plus de 110 participants ont pu découvrir plusieurs projets illustrant la réalité du bassin de vie transfrontalier : le Parc des Carrières, exemple de reconversion d’un espace partagé entre la France, l’Allemagne et la Suisse, le secteur du Palmrain et le réseau Infobest qui accompagne au quotidien les habitants et les travailleurs frontaliers. La seconde journée était consacrée à la visite du projet 3Land : un vaste projet d’aménagement transfrontalier de près de 600 hectares, à la croisée des trois frontières, intégrant espaces industriels, portuaires et résidentiels, activités économiques, espaces publics et nouvelles mobilités. Découvrir ici notre fiche projet.
Deux conférences, un même constat
Les deux conférences organisées pendant l’événement ont posé le même constat : on ne peut plus penser l’aménagement du territoire sans prendre en compte les bassins de vie transfrontaliers.
Les intervenants ont souligné la nécessité de construire des stratégies communes fondées sur l’observation et la connaissance partagée des territoires voisins. Plusieurs initiatives en ont témoigné, comme le Projet de territoire du Rhin supérieur à l’horizon 2050 ou le SRADDET du Grand Est qui ambitionne de « gommer les frontières et ouvrir le Grand Est à 360° ».
La Confédération suisse a également présenté son approche, à travers le Programme en faveur du trafic d’agglomération (PTA), qui soutient les projets de mobilité intégrés à une stratégie globale d’aménagement du territoire. Ce dispositif peut cofinancer des investissements situés au-delà des frontières suisses lorsqu’ils bénéficient à l’agglomération dans son ensemble, à l’exemple de l’agglomération trinationale de Bâle, citée parmi les plus performantes du programme pour articuler transports, urbanisme et développement territorial.
Une vision partagée par la Commission européenne, pour laquelle « même si l’aménagement du territoire n’est pas une compétence de l’UE, la cohésion des territoires l’est : où que l’on soit en transfrontalier, il faut pouvoir faire un tour à 360° et avoir accès à tout ». L’ANCT a rappelé le rôle stratégique des programmes Interreg, dont la prochaine programmation, sans concentration thématique, « devrait soutenir des projets structurants et davantage ancrés dans les besoins des territoires ».
La table ronde consacrée au projet 3Land, qui s’est tenue le lendemain matin, a également illustré ces propos : face aux enjeux de mobilité et de développement, le projet 3Land mené « en complémentarité » entre les trois pays démontre qu’« il n’y a pas d’autre choix que de travailler ensemble ». « Ce projet est l’expression d’une réalité territoriale : c’est un bassin de vie où les frontières s’effacent au gré des déplacements quotidiens des habitants du territoire. » Dans un contexte de forte congestion, la nécessité de renforcer les connexions entre les rives et de faciliter les mobilités a été soulignée. Des projets d’aménagement ont ainsi été développés pour faciliter le franchissement du Rhin tout en favorisant les mobilités douces. Parmi eux, le projet Nova pourrait aboutir à la construction d’un nouveau pont reliant la Suisse et la France, en complément de la passerelle existante entre la France et l’Allemagne.
Un appel du réseau pour penser autrement l’aménagement du territoire
En clôture de l’assemblée générale, le président Christian Dupessey a réaffirmé l’ambition du réseau, et des élus des territoires transfrontaliers, de contribuer activement aux réflexions à la fois françaises et européennes sur l’aménagement du territoire, afin que les problématiques frontalières y soient intégrées :
«Nous attendions beaucoup du rapport de Dominique Faure sur l’aménagement du territoire, mais la France y apparait comme une île ! L’Europe n’y est évoquée que dans le cadre de la politique de cohésion.»
«Quid des interdépendances économiques, du besoin d’achever le marché intérieur, pour que les PME se développent de l’autre côté des frontières, comme l’a rappelé le rapport d’Enrico Letta ? Quid des marchés du travail transfrontaliers, et ses plus de 500 000 travailleurs aux frontières françaises ? Quid des enjeux de mobilité » transfrontalière ? Quid des continuités écologiques ? Et surtout quid des enjeux citoyens ? Comment convaincre le tiers des Français et des Européens qui vivent près d’une frontière, dont beaucoup choisissent l’abstention ou le vote souverainiste, que l’ouverture des frontières est une chance ?»
«Relançons l’aménagement du territoire européen, en partant des bassins de vie transfrontaliers !»
Autres travaux de l’association
Les deux journées ont également été l’occasion d’adopter le rapport d’activité 2025, d’échanger sur le programme de travail 2026 et les priorités des adhérents. Autres temps forts :
- l’élection complémentaire du Bureau de la MOT (mandat 2024-2027)
- la présentation de l’avancement de BRIDGE-FR (mise en œuvre du règlement européen BridgeforEU aux frontières françaises, voir les présentations réservées aux membres sur la page de l’événement)
- la présentation des premiers résultats de l’étude flash sur les GECT (voir les présentations réservées aux membres sur la page de l’événement)