« L’Europe, un État qui s’ignore » : une lecture stimulante pour l’action transfrontalière
Pour Sylvain Kahn, dans « L’Europe, un État qui s’ignore », l’Union européenne « mutualise la souveraineté dans un État supranational qui est une association d’États-nations souverains ».
Cet ouvrage remarquable renverse la perspective habituelle, souvent enfermée dans un dialogue de sourds entre souverainistes et européistes. La thèse défendue est audacieuse : l’Europe est déjà un État, mais d’un genre totalement nouveau. Loin d’un modèle institutionnel figé – tel un « jardin à la française » – elle se construit de manière pragmatique, où les solutions concrètes précèdent souvent les évolutions des traités.
Selon Sylvain Kahn, cet État singulier est d’ores et déjà accepté par les peuples européens, dans la mesure où plus aucun ne porte aujourd’hui de projet politique majoritaire de sortie de l’Union. Il insiste également sur le rôle déterminant de la construction « par le bas », portée par les collectivités territoriales, les réseaux d’acteurs et les coopérations concrètes.
Le déploiement du règlement BridgeforEU s’inscrit pleinement dans cette dynamique : il illustre une Europe qui se fabrique au quotidien, à partir des territoires et des pratiques, en apportant des réponses opérationnelles aux obstacles transfrontaliers.
Pour aller plus loin, visionnez le webinaire organisé par l’Institut Jacques Delors (30 minutes) :