Agriculture et coopération transfrontalière : la MOT au 42ème congrès de l’ANEM

Le 15 et 16 octobre, environ 500 représentants des territoires de montagne français se sont réunis à Gex pour le congrès de l’Association Nationale des Elus de la Montagne (ANEM). Le thème de cette 42ème édition, « se dépasser, coopérer, développer », a encadré les discussions autour de plusieurs grands enjeux, du changement climatique au financement de projets concrets en passant par l’avenir de l’agriculture. Avec plus de 40% des frontières françaises situés en montagne, les questions transfrontalières ont tout naturellement trouvé leur place dans les discussions.

Dans ce contexte, Christian Dupessey, président de la MOT, est intervenu lors de la table ronde « Agriculture et coopération transfrontalière : Relever les défis de la montagne avec l’Europe », aux côtés de plusieurs personnalités de premier plan, dont Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire.

Valoriser les complémentarités des territoires de montagne aux frontières

Lors de son intervention, le président de la MOT a souligné l’importance de prendre en compte la double spécificité des montagnes aux frontières, à la fois confrontés aux défis liés à l’agriculture de montagne et aux particularités des bassins de vie transfrontaliers. La proximité à la frontière constitue un levier de développement encore insuffisamment exploité dans ces territoires.

Le concept de création de circuits courts et de produits AOP transfrontaliers, ainsi que la reconnaissance mutuelle des qualifications des agriculteurs, ont été présentés comme des idées innovantes. Plusieurs initiatives transfrontalières en cours ont également été évoquées, telles que des projets Interreg portant sur l’agriculture (DARECA à la frontière franco-espagnole, PRoSCoR à la frontière franco-suisse, etc.), ou encore des projets de formation menés en coopération avec l’Italie.

Groupe de travail de la MOT

Ces défis ont été abordés lors du groupe de travail de la MOT « Montagnes et frontières, qui s’est tenu le 28 septembre 2026. Plus d’infos

Plusieurs priorités exprimées lors de ce groupe de travail ont fait écho aux débats du congrès : mieux valoriser les métiers agricoles, améliorer la gestion de l’eau et concilier ses différents usages. Les échanges ont également mis en lumière l’intérêt de réponses coordonnées de part et d’autre des frontières pour faire face à des difficultés communes, telles que la prédation, les filières agricoles incomplètes qui freinent le développement de circuits courts transfrontaliers ou encore les pénuries de main-d’œuvre agricole.

Perspectives transfrontalières

Qu’il s’agisse de la gestion de l’eau, de l’adaptation au changement climatique ou de la durabilité des activités agricoles, de nombreux défis auxquels sont confrontées les régions de montagne dépassent les frontières nationales. La coopération transfrontalière constitue donc un moyen essentiel de mettre en commun les expériences, de surmonter les obstacles réglementaires et d’élaborer des solutions adaptées aux réalités locales afin de contribuer à renforcer la résilience de ces territoires.

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