Emploi

Sommaire

Introduction

Les migrations de travailleurs frontaliers constituent l’élément géographique le plus tangible et le plus spectaculaire de la réalité transfrontalière. On considère qu’un travailleur est frontalier quand il réside dans un pays, travaille dans un autre et rejoint son domicile au moins une fois par semaine. Cependant, la nature du déplacement n’est pas univoque. Par exemple, les statistiques institutionnelles européennes ne prennent pas forcément en compte la proximité géographique. En mars 2016, la Commission européenne dénombre au sein de l’UE 1,7 million de travailleurs qui, tous les jours, franchissent une frontière pour se rendre au travail1.

Si on prend l’exemple des frontières françaises : l’harmonisation des données a permis à la MOT d’évaluer en 2011 le nombre total de travailleurs sortants des frontières françaises à plus de 360 000 (soit une augmentation de 42% par rapport à 1999). Ces travailleurs frontaliers au départ de la France constituent 40% de l’ensemble des flux de travailleurs frontaliers en Europe. La Suisse demeure la première destination suivie du Luxembourg. Cinq grandes agglomérations polarisent le flux sortant de France : Genève (88 000 navetteurs), Luxembourg (68 000 navetteurs), Bâle (33 500 navetteurs), Monaco (26 000 navetteurs) et Sarrebruck (25 000 navetteurs).

Les flux des pays voisins vers la France sont quant à eux nettement inférieurs, l’Insee estime que le flux entrant correspond à 30 000 personnes en 2011.
Il est intéressant de noter la nette évolution du nombre de travailleurs frontaliers depuis les 30 dernières années et plus particulièrement entre la fin des années 1990 et aujourd’hui. Le chiffre des travailleurs frontaliers entrants sur le territoire français est resté remarquablement stable entre 1999 et 2011 (après avoir longtemps décliné notamment en provenance de Belgique et d’Espagne) alors que celui des sortants est passé au cours de cette période de 248 400 à 353 000 entre 1999 et 2011, soit une augmentation de 42% en 12 ans, et à plus de 360 000 aujourd’hui. Ce déséquilibre croissant peut résulter de plusieurs facteurs : faible attractivité des zones frontalières françaises par rapport aux pays voisins, mais également la présence de pôles d’emploi importants proches de la frontière, les navetteurs sont, en effet, concentrés dans un nombre limité de zones d'emploi (Bâle, Genève, Monaco…).


  1. Communication de la Commission au Parlement européen - Revenir à l'esprit de Schengen – feuille de route, 2016