Espaces naturels et ruraux

Des espaces sous pression ou en voie de désertification

En fonction de leur position géographique, on assiste soit à la déprise des espaces ruraux transfrontaliers les plus isolés (une grande partie de la frontière franco-espagnole par exemple), soit au contraire à leur mise sous pression par des territoires urbains, parfois situés de l'autre côté de la frontière (exemples des frontières franco-belge et franco-luxembourgeoise, ainsi qu'une partie des frontières franco-allemande et franco-suisse).

La présence de la frontière a longtemps conféré à certains de ces espaces un statut de "cul de sac", aux confins des espaces nationaux et donc en dehors des priorités nationales d’équipements, n’atteignant pas une masse critique suffisante pour leur permettre une certaine visibilité. L’enclavement d’une partie d’entre eux, éloignés des grandes infrastructures de communication, la présence limitée des services d’intérêt général et le faible nombre d’emplois permettent difficilement la croissance voire le maintien d’une population en âge de travailler. En France, les "Maisons de services au public" ont été créées pour répondre aux besoins des citoyens éloignés des opérateurs publics, notamment en zones rurales et périurbaines.

Néanmoins, ces espaces ruraux ou naturels transfrontaliers peuvent constituer de véritables lieux de respiration pour les espaces transfrontaliers urbanisés dont ils subissent la pression : flux transfrontaliers divers, périurbanisation par l’installation résidentielle des populations urbaines voisines, pratiques touristiques intensives. Les actions visant à maîtriser ce phénomène de desserrement des agglomérations voisines sont d’autant plus difficiles à mettre en œuvre quand les pôles urbains sont situés de l’autre côté de la frontière (par exemple : Départements de l'Ain et de la Haute-Savoie avec Genève (FR/CH), Département du Haut-Rhin avec Bâle (FR/CH), Basse-Autriche avec Bratislava (AT/SK), etc.).