Emploi

L’emploi en territoire transfrontalier : une opportunité

L’évolution du nombre de travailleurs frontaliers depuis des décennies démontre que la recherche d’emploi dans un pays voisin reste une option forte. Plusieurs facteurs ou motivations sont à distinguer, dont principalement :

- les différences de développement économique de part et d’autre de la frontière (taux de chômage et besoin de main d’œuvre)
- le différentiel de salaire (par exemple les fortes différences entre les salaires français, suisses et luxembourgeois expliquent pour beaucoup les mouvements vers ces territoires)
- les avantages liés aux prestations sociales
- les différentiels fiscaux
- les coûts du foncier et du logement
- les facteurs historiques, culturels (notamment la langue commune ou non) et familiaux

Vivre dans un territoire transfrontalier représente aussi bien une opportunité pour les demandeurs d’emploi qui peuvent répondre à des offres provenant de l’Etat voisin sans avoir à déménager, que pour les employeurs manquant de main d’œuvre qui peuvent faire appel à des travailleurs de l’autre côté de la frontière.
Les déplacements domicile-travail de part et d’autre des frontières jouent aussi un rôle décisif dans les économies locales, par les activités qu’ils induisent et les revenus qu’ils génèrent (économie dite "présentielle").
Il est également important de considérer les possibilités offertes sur chaque territoire, et les obstacles que représentent leurs manques : le développement des infrastructures de transport, la pertinence des services d’information et conseil, mais aussi les accords fiscaux et les rapprochements juridiques entre pays, la connaissance de la langue du voisin, etc.
Enfin, il ne faut pas négliger les facteurs historiques et culturels : une faible habitude familiale à la mobilité et une faible propension à l’éloignement de son milieu proche (barrière psychologique), de la part des jeunes par exemple, est un frein à la démarche de recherche d’opportunités de l’autre côté de la frontière.

Une typologie socioéconomique des régions frontalières de l’Union Européenne a été réalisée par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) et l’UMS RIATE en 2016. Celle-ci a permis de mesurer la teneur du différentiel qui alimente les flux de travailleurs transfrontaliers, provoqués par des différences économiques, démographiques et sociales. L’étude analyse ainsi les frontières européennes selon ces critères, et dresse une typologie de ces régions, notamment basée sur l’opposition entre régions au PIB élevés et celles où il est plus faible. Ainsi, l’étude du CGET de 2017 montre que les flux de travailleurs frontaliers  des espaces frontaliers d’Europe de l’Ouest sont plus important que ceux d’Europe de l’Est, du fait de leurs différentes caractéristiques socio-économiques propres et notamment leur attractivité économique.

Par ailleurs, selon cette même étude du CGET, les profils des travailleurs frontaliers français varient aussi en fonction de leur lieu de destination. Ainsi par exemple les travailleurs frontaliers sont globalement plus jeunes que l’ensemble des actifs français, sauf ceux qui travaillent en Allemagne. Leurs catégories socio-professionnelles diffèrent aussi, avec un plus grand nombre d’ouvriers travaillant en Allemagne et en Belgique, et plus de cadres travaillant en Suisse et à Monaco.