France-Espagne-Andorre

Frontière France-Espagne-Andorre

Frontière France-Espagne-Andorre

Thématiques et projets de coopération 

Coopération en matière de transports

Un thème est prégnant : celui des transports, qu’ils soient de proximité (projet de tram-train irriguant l’Eurocité basque – études réalisées mais pas encore de phase opérationnelle), ou bien qu’ils soient une alternative à la saturation progressive des infrastructures existantes qui voient se concentrer les flux, essentiellement routiers, sur le littoral basque et au col du Perthus, côté catalan. A cet égard, on note que le trafic de proximité dans le cas du Pays basque vient s’ajouter à un trafic longue distance car cet axe correspond également à l’autoroute Paris-Madrid.

Sur la façade Atlantique, au sein de l’Eurocité basque, une proposition pour résoudre le problème de transport de proximité est le projet d’un tram-train entre Hendaye et Bayonne qui se connecterait aux voies métriques des lignes Euskotren en gare d’Hendaye pour permettre une liaison ferrée de bout en bout de l’Eurocité basque. Une étude de l’ensemble des flux de déplacements de voyageurs, à l’échelle du corridor Bayonne-Donostia, a été conduite dans le cadre du projet Transfermuga. Cette étude a permis la création de la ligne de bus transfrontalière Euskadi Express reliant Bayonne (France) à Ficoba (Espagne).

Il convient également de noter le problème spécifique de la Principauté d’Andorre, tout à la fois confrontée aux problèmes de son enclavement et de ses approvisionnements en marchandises.

Les projets de traversée des Pyrénées dépassent le cadre de la coopération de proximité. Un plan d'action "bilatéral" a été conclu, lors du sommet franco-espagnol d’octobre 2005, afin de "rééquilibrer les modes de transports en favorisant le ferroviaire et le maritime" et "obtenir une plus grande perméabilité des Pyrénées afin de faciliter le développement des échanges économiques et culturels".

COOPÉRATION ENTRE ESPACES NATURELS

Au centre du massif, se développe une coopération transfrontalière concernant les espaces naturels. Le Parc national des Pyrénées (créé en 1968, départements des Hautes Pyrénées et Pyrénées Atlantiques) et le Parc National Ordesa-Mont-Perdu (créé en 1918, Aragon) ont cherché notamment une reconnaissance internationale commune avec l’inscription conjointe des deux parcs au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998.

Autre exemple, le Parc naturel régional (PNR) Pyrénées Catalanes a inscrit dans sa charte  sa dimension transfrontalière.

Initié en 1998, le projet de Parc naturel régional (PNR) des Pyrénées Ariégeoises, sur la frontière franco-espagnole et franco-andorrane, est devenu une réalité en 2009. Les partenaires ont souhaité développer le projet avec  une approche transfrontalière. Le Syndicat Mixte du PNR, créé en juillet 2005, est composé de collectivités locales et de cinq établissements publics partenaires.  Cet organisme est responsable de la coopération transfrontalière entre les deux parcs.
La dimension environnementale très présente dans la coopération franco-espagnole s’illustre également par plusieurs actions dans le domaine de la gestion des cours d’eau transfrontaliers (Nive, Nivelle, Sègre, Garonne, etc.).

COOPÉRATION MARITIME

L’Eurorégion a également développé une stratégie d’innovation transfrontalière dans le domaine des Energies Maritimes Renouvelables (EMR), comme l’expliquent Sylvain Roche, Guillaume Connan, et Marc Moulin dans leur article « La construction d’une stratégie d’innovation transfrontalière : une application à la filière énergies marines renouvelables (EMR) dans l’Eurorégion Nouvelle-Aquitaine-Euskadi-Navarre » (2018 - disponible dans le portail documentaire de la MOT). Selon les auteurs, cette stratégie a été développée en plusieurs phases, dans le cadre des politiques européennes « énergie climat » et « croissance bleue » : d’abord par l’identification de l’énergie des vagues comme ressource littorale commune (projet WAKE : 2014-2015), puis avec le projet « from seanergies to seanergy » pour réunir les acteurs autour d’un projet de territoire, et enfin par des projets actuellement en cours, notamment pour la production d’une offre commune interrégionale (projet BlueSARE) et d’un projet collaboratif (Acoustic Around Ocean Energy).

D’autre part, la Communauté d’Agglomération Pays Basque participe au projet MAREA ("Modélisation et Aide à la décision face aux Risques côtiers en Euskal Atlantique") : MAREA est un projet de recherche transfrontalier, visant à mieux comprendre les épisodes de tempêtes sur la côte basque afin de prévoir les risques de submersion marine et d’érosion côtière. 

COOPÉRATION dans le domaine de la santé et des risques naturels

Sur le plan sanitaire, le centre hospitalier de Bayonne a été pionnier en matière de coopération transfrontalière avec bon nombre d’actions menées depuis la fin des années 1990.

Par ailleurs de nombreux contacts entre les deux ministres de la santé ont abouti le 17 octobre 2005 à la signature, lors de la rencontre franco-espagnole à haut niveau de Barcelone, d'un accord-cadre de coopération sanitaire transfrontalière et d'une déclaration conjointe d'intention sur la coopération pour la mise en œuvre du projet de l'hôpital transfrontalier de Cerdagne.

L'hôpital transfrontalier de Cerdagne, situé à Puigcerda (Catalogne),  est inauguré en septembre 2014. Afin d'en assurer la gestion transfrontalière, un GECT (Groupement européen de coopération territoriale) a été créé en 2010.
Ce projet ambitieux permet à la Cerdagne franco-espagnole de disposer d'une structure médicale capable de subvenir à une population d’environ 30 000 habitants pouvant atteindre 150 000 en période touristique, dans une région montagneuse et isolée. Il s’agit d’une structure unique en Europe.

Par ailleurs le projet ALERT a été lancé le 17 avril 2018 entre les sapeurs-pompiers des Pyrénées-Atlantiques, le gouvernement de Navarre, le gouvernement d’Aragon et la députation forale du Guipúzcoa. Son objectif est de développer la coopération transfrontalière opérationnelle afin de lutter de façon efficace contre les risques naturels ainsi que ceux liés aux activités humaines dans la région. L’accord prend en compte différents milieux de coopération : montagneux, forestier, urbain, ainsi que la gestion des risques naturels. Par la suite l’ouverture d’un centre de secours transfrontalier à Saint-Jean-Pied-de-Port est prévue pour novembre 2019.

COOPÉRATION EN MATIÈRE DE FORMATION

De nombreuses formations en transfrontalier existent sur la frontière. Parmi elles, on peut citer les exemples suivants :

  • côté Pyrénées-Orientales, l'IFCT (Institut Franco-Catalan Transfrontalier) qui est une composante de l'Université de Perpignan et qui entre dans le cadre de la constitution d’un pôle français de formation et d’expertise sur le domaine catalan et sur les questions transfrontalières. Cette entité, qui réunit des partenaires français et espagnols, a notamment développé un Master de "Relations transfrontalières".
  • côté Atlantique, l'ACTI (Association pour la Coopération Transfrontalière et Interrégionale), regroupant les étudiants du Master "Affaires européennes et internationales" avec une spécialisation "Coopération transfrontalière et interrégionale" de la faculté de Bayonne, et qui entend favoriser le développement de la relation transfrontalière dans le cadre de l'Eurocité basque.
  • rattaché à l'Université Toulouse le Mirail, un Master Européen "Aménagement et développement transfrontaliers de la montagne" a été mis en place à Foix.

Le projet pédagogique expérimental de cette première école "transfrontalière" consiste ainsi en une classe de 20 élèves qui profite d’un enseignement bilingue : le matin, les élèves travaillent en français et l’après-midi en catalan. Le projet comporte également des objectifs culturels, les enfants apprenant à mieux prendre en compte et à mieux vivre la réalité transfrontalière au quotidien.

Il existe également, depuis 2005, une école transfrontalière au Perthus.

Le projet EBROS2020 réunie l’université publique de Navarre, de la Rioja et de Lérida en Espagne ainsi que de l'université de Pau et des Pays de l'Adour et l'université Federal Toulouse Midi-Pyrénées. Ce réseau interuniversitaire renforce la collaboration académique en matière d’innovation et a joué un rôle moteur dans la constitution du premier réseau d’universités transfrontalières

La région Pyrénées-Méditerranée a également développé « l’Eurocampus Pyrénées Méditerranée » : créé en 2009, il est l’un des projets emblématiques de l’Eurorégion. Il s’agit de créer un pôle de recherche et d’innovation, en réunissant plus de 510 000 étudiants et 45 000 chercheurs. L'objectif est de favoriser la mobilité des étudiants dans les quatre régions frontalières. Parmi les actions déjà réalisées, un portail Internet a été lancé et un dispositif de chèque mobilité "Eurocampus" créé. En complément de ce dispositif, un enseignement des langues a été prévu et des initiatives lancées pour la mobilité des enseignants.

COOPÉRATION EN MATIÈRE DE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

La CCI BIHARTEAN, Chambre de commerce et d'industrie transfrontalière en Pays Basque est un exemple phare de coopération transfrontalière en matière de développement économique. Elle a été créée sous la forme d’un GEIE en juillet 2010 par la Chambre de Commerce de d’Industrie de Bayonne Pays Basque et la Chambre de Commerce de Gipuzkoa. 
Ses missions sont d’accompagner les entreprises des deux territoires frontaliers dans leurs projets transfrontaliers, développer les projets économiques transfrontaliers, répondre aux besoins des entreprises situées dans chacun des deux territoires et créer une offre économique et de formation en commun. 

L’Eurorégion Pyrénées-Méditerranée  et l’Eurorégion Aquitaine-Euskadi se sont dotées en 2014 de stratégies régionales transfrontalières en matière de développement économique et d’innovation. L’objectif de ces stratégies est d’inciter la collaboration eurorégionale dans les coopérations entre acteurs publics ou économiques. Concrètement, elles soutiennent les initiatives qui ont plus de sens et d’impact à l’échelle eurorégionale.

D’autres projets de coopération dans le domaine du développement économique sont développés sur la frontière franco-espagnole, avec par exemple le projet aCCeSS (a Crossborder CoopEration for Smart Specialisation). Lancé en avril 2018 et retenu par le programme POCTEFA, le projet regroupe 6 universités et deux communautés d’universités et d’établissements du territoire transfrontalier « et vise à renforcer et faciliter le transfert de connaissances et de technologies des universités vers les PME du territoire transfrontalier afin d’améliorer leur potentiel d’innovation ».

COOPÉRATION EN MATIÈRE DE CULTURE, JEUNESSE ET SPORTS 

La coopération culturelle entre les deux côtés de la frontière s’exprime par exemple à travers des projets patrimoniaux comme le projet Patrim – réseau pyrénéen transfrontalier des centres du patrimoine. Il est soutenu depuis 2010 par le programme européen POCTEFA, et se traduit par la coopération entre établissements culturels patrimoniaux sur le territoire (musées, centres d’interprétation du patrimoine, universités…) afin d’organiser conjointement des expositions, animations culturelles, échanges, formations… 

Par ailleurs a été développé le projet CAPAS-Cité, projet transpyrénéen faisant partie du programme interreg POCTEFA qui a pour objectif « la promotion l’activité physique et des modes de vie sains, afin d’améliorer la qualité de vie de la population et plus spécifiquement des quartiers défavorisés ». Le projet a pour objectif la création du Centre Pyrénéen pour l’Amélioration et la Promotion de l’Activité Physique pour la Santé (CAPAS), infrastructure de santé transfrontalière qui sera constituée par deux antennes : à Tarbes côté français et à Huesca côté espagnol. 

D’autre part le GECT Pays d’Art et d’Histoire des Vallées Catalanes du Tech et du Ter est un acteur transfrontalier important de la coopération culturelle sur la frontière franco-espagnole. Structure de développement territorial par l’organisation d’activités culturelles et patrimoniales en milieu rural, le Pays d’art et d’histoire transfrontalier « Les Vallées Catalanes du Tech et du Ter » a été créé en 2010 par une convention passée avec le Ministère de la culture et de la Communication, et s’est structuré en Groupement européen de coopération territoriale (GECT) en 2015. Il compte 31 communes sur les territoires du Pays Pyrénées-Méditerranée en France et de la Diputació de Girona en Espagne. Il poursuit une mission d’animation patrimoniale du territoire à travers de nombreux projets et activités, et est par exemple devenu chef de file en 2016 du projet européen Patrimc@t, faisant partie du programme POCTEFA, pour le financement de son dispositif territorial d’interprétation des patrimoines. Plus d'infos