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Editorial d'Anne Sander, députée européenne, vice-présidente de la MOT

Mars 2016

Editorial d'Anne Sander, députée européenne, vice-présidente de la MOT

L’Union européenne a vu se multiplier ces derniers mois des contrôles aux frontières au sein de l’espace Schengen. Deux raisons majeures sont avancées pour les justifier : la crainte du terrorisme et la lutte contre l’immigration clandestine.

En 2015, Frontex a en effet dénombré 1,8 millions de franchissements illégaux des frontières extérieures de l’UE. La majorité des États membres refusant d’accueillir davantage de migrants illégaux, les contrôles sont rétablis et la libre circulation dans l’espace Schengen est menacée.  

Cependant, le retour de ces frontières a un coût : 470 milliards d’euros sur 10 ans d’après les experts invités lors de la dernière réunion du groupe de travail sur la coopération transfrontalière, organisée sur le sujet au Parlement européen le 25 février dernier. À court terme, ce sont le travail frontalier, le tourisme et le transport de marchandises qui seraient les plus lourdement impactés.  

Ces contrôles risquent également de fragiliser les liens patiemment tissés dans les espaces frontaliers avec le soutien financier des crédits européens Interreg, et l'appui de la Mission Opérationnelle Transfrontalière.   

L’objectif n’est pas d’opposer gains économiques et mesures sécuritaires : protéger nos concitoyens et assurer leur sécurité est une priorité absolue. Cependant, nous devons tout faire pour retrouver l’esprit de Schengen : aidons les pays aux frontières extérieures de l’Europe à canaliser le flux de migrants, assurons une meilleure coopération entre États pour gérer les demandes d’asile et préservons des frontières ouvertes au sein du projet européen.

Lire l'article "Réviser Schengen : quels impacts pour les zones frontalières ?".

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